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Archives 2013

dimanche 28 juillet 2013, par R. Clos

Pêche Océan

Celui qui n’a pas encore eu l’occasion, le plaisir ou la chance, (c’est selon) de pêcher un jour à l’océan ne peut pas comprendre pourquoi certains d’entre-nous sursautent en entendant le cliquetis que produit un vélo en roue libre qui passe derrière lui. Un choc qui ne s’explique que par l’énorme quantité d’adrénaline libérée à la touche à un thon qui tire comme un fou, faisant patiner le frein pourtant serré des gros moulinets. C’est le même bruit mais en 100 fois plus fort. Après ... Rien n’est plus pareil.

Il s’agit là de l’instant où tout bascule dans une journée de pêche mais ce n’est qu’un instant au milieu d’heures et d’heures de traque, d’attente, de réflexion, d’hypothèses, de choix, de réglages, de doutes ou de certitudes. Comme une recette réussie, le tout constitue le plat mais les seuls ingrédients ne sont pas tout. Il faut le temps, le parfum, la couleur, le bruit et le mouvement. Ajoutez la météo, la mer, les instruments qui trahissent la présence du poisson, les oiseaux de mer qui guettent pour nous ou encore la couleur de l’eau, la direction du soleil par rapport à la route, la vitesse et son corollaire : la vague en V à l’arrière. Mais ce serait trop simple. Il reste à maitriser les bruits ou sifflements parasites de la coque et des moteurs, des arbres d’hélice, des presse-étoupe et autres pompes, les traces de gasoil ou d’huile moteur, etc. Quand tout cela semble au point, il faut régler les longueurs de chaque ligne de traîne, ajouter des plombs (dits jardine) pour aplatir les lignes longues au vent. Là se pose le problème du choix des peitas susceptibles d’attirer ce thon dont nous rêvons tous. Mais il faut aussi s’assurer que les moteurs tournent bien, sont à la même vitesse sans entrer en résonance, que la route choisie ne nous amène pas vers des lieux trop éloignés de notre jardin, suivre le GPS et écouter la VHF ...

Je sens bien que plus ce serait trop et pourtant il y a plus encore, bien des choses pour se rapprocher de cette sorte de perfection de moyens qui amène un thon à choisir l’appât en plastique, en rafia ou en plume que nous lui présentons plutôt que la sardine qui croise dans les parages.

Qui ne l’a pas vécu doit penser que nous sommes fous d’affronter tout ça pour une hypothèse de réussite aussi incertaine, dans un océan souvent hostile et si loin de tout. Comment un homme sensé peut-il faire ce pari si douteux alors même que le thon que nous traquons est relativement bon marché.

Seul ce raisonnement par l’absurde me vient à l’esprit pour expliquer que si tant de gens dans le monde pratiquent avec passion cette pêche avec autant de contraintes, c’est sans doute qu’ils y trouvent une fibre commune et qui sait, ancestrale. Après tout, je ne suis pas sûr que le joueur de golf ou de tennis ne soit pas de la même famille que nous ainsi que le joueur de billard ou le pilote de vol à voile. Le chasseur aussi... mais beaucoup sont aussi pêcheurs ...

Passion, quand tu nous tiens ...

Roland

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